La gouvernance correspond à l’ensemble des institutions, des règles et des pratiques qui encadrent le pouvoir de décision des dirigeants et organisent les relations avec les adhérents de la coopérativeTrois pouvoirs sont en interactions et doivent être équilibrés afin de garantir le bon fonctionnement de la gouvernance et la performance de la coopérative : le pouvoir souverain, le pouvoir exécutif et le pouvoir de surveillance.

Le pouvoir souverain des adhérents

Le pouvoir souverain consiste à assurer le maintien de la coopérative dans le temps et à légitimer le pouvoir de surveillance des administrateurs. Le pouvoir souverain des adhérents d’une coopérative agricole s’exprime de deux manières complémentaires : représentative et participative.

Si ce pouvoir domine les deux autres, la coopérative est orientée vers une satisfaction immédiate des besoins de ses membres. Elle risque de ne pas se développer économiquement et les adhérents paieront tôt ou tard ce déficit de développement. 

Le pouvoir de surveillance des administrateurs

Le pouvoir de surveillance consiste à vérifier que les conditions sont réunies pour que l’équipe dirigeante puisse développer un projet stratégique créateur de valeur conforme à la vocation et la mission de la coopérative. Le pouvoir de surveillance se trouve au carrefour de l’expression du pouvoir souverain et du pouvoir exécutif.

Si ce pouvoir domine les deux autres, la coopérative est fortement politisée et les dirigeants sont trop contrôlés. La coopérative n’est pas suffisamment innovante et son développement est bridé.

Le pouvoir exécutif des dirigeants

Le pouvoir exécutif consiste à implémenter des stratégies de création de valeur en lien avec la vocation et la mission de la coopérative. Pour mener à bien cette tâche fondamentale, le dirigeant et son équipe doivent bénéficier d’une indispensable autonomie.

Si ce pouvoir domine les deux autres, la coopérative est centrée sur l’interne et les performances de l’outil industriel sans se soucier suffisamment des adhérents. On observe une coupure entre le fonctionnement réel de la coopérative et les attentes des adhérents.

Seul un équilibre entre ces trois pouvoirs permet un développement plein et entier de la coopérative.